Comment s’y retrouver pour choisir un thérapeute ?
octobre 16th, 2007Est-ce une discipline reconnue ?
La reconnaissance d’une discipline varie d’un pays à l’autre, par exemple en Belgique le titre professionnel d’hypnologue (ou hynothérapeute) n’existe pas, pourtant des anesthésies sous hypnose sont pratiquées depuis des années à Liège (ma ville natale). Donc en Belgique, l’hypnose est pratiquée soit par des praticiens reconnus d’autres disciplines (médecins, psychologues, etc…), soit par des praticiens en PNL (mais qui ne sont pas nécessairement médecins ou psychologues).
En France et en Belgique vous trouverez également des sophrologues quoique les sophrologues se limitent souvent davantage à l’aspect développement personnel qu’à l’aspect thérapeutique. Dans le cas des hypnothérapeutes québécois, membres de l’AHQ, vous ne recevez pas nécessairement des reçus pour assurances. Pour recevoir des reçus pour assurances il faut que le praticien soit également membre de l’OCPNN (anciennement ANN). En ce qui me concerne je suis membre AHQ, OCPNN et CIPDM, donc vous recevez des reçus pour assurances pour mes prestations.
Le fait que l’Association Professionnelle soit reconnue par les autorités du pays (ou de la province) est une sécurité supplémentaire pour vous et pour ses membres. Le fait d’être membre implique notamment un processus de formation continue pour conserver le droit d’exercer.
Il existe aussi des praticiens et parfois des visionnaires qui ont mis au point une approche ou méthode originale. Le fait qu’une approche gagne en popularité n’est pas une garantie que cette approche soit sécuritaire. Prenons le cas de l’éleuthéropédie (étymologiquement : “thérapie de la liberté”) qui gagne du terrain en Europe :
En fait, j’ai eu l’occasion de participer à une ou deux réunions au domicile bruxellois de son fondateur : Daniel Le Bon, professeur universitaire de philosophie et de psychologie. Puisque j’avais déjà un sens très développé de la liberté, de la responsabilité et de l’autodétermination, je me suis retrouvé très vite en opposition avec le “Maître” de cette “thérapie de la liberté”.
Mes soupçons de départ ont été confirmés plus tard : Si vous consultez le rapport MIVILUDES 2003 de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires pour le Premier Ministre de la République française, vous constaterez que l’éleuthéropédie y est citée.
Est-ce une pratique douteuse ?
Si l’approche est trop nouvelle, il se peut que le seul élément de référence dont vous disposiez, c’est votre sens critique et votre instinct de survie. Autrement vous pouvez toujours faire des recherches sur Internet pour tenter d’en savoir plus (c’est ainsi que j’ai découvert le rapport MIVILUDES2003.pdf).
Combien ça coûte ?
On me dit parfois quelque chose comme : “je viens vous voir parce que le psychologue que l’on m’a recommandé est trop cher pour moi”. Je pense que le prix devrait être le dernier de vos arguments de choix. D’ailleurs certaines personnes qui en ont assez d’attendre vont parfois se faire soigner à l’étranger (ce qui peut occasionner des frais supplémentaires et les risques que ça peut comporter).
Que choisir ?
Vous avez le choix entre des thérapies brèves et des thérapies pouvant s’échelonner sur plusieurs années.
vous avez encore le choix entre les thérapies alternatives et la médecine. En fait, en cas de doute vous devriez toujours commencer par consulter un médecin.
Vous avez été conseillé par quelqu’un d’autre : Cela peut être utile mais ce n’est pas un critère suffisant ni nécessairement sécuritaire. Certaines approches sectaires peuvent se propager notamment sous la forme du parrainage. La personne est très gentille (c’est toujours le cas avec les pédophiles et autres manipulateurs).
Comment choisir ?
Sauf pour les urgences, il est utile de magasiner. C’est comme pour n’importe quel autre achat de biens et services. Même s’il existe des tarifs recommandés ou des prix affichés (ce qui est très rare avec les thérapeutes???) il est souvent possible de négocier. Généralement, si une personne me demande des facilités pour cause de difficultés financières (notamment les personnes sur l’aide sociale) je trouve l’un ou l’autre moyen pour l’aider.
Votre choix devrait être déterminé par ce que vous voulez vraiment. Si cela ne pose aucune difficulté pour certaines personnes ou pour certains objectifs (par exemple : cesser de fumer, réussir un examen, être capable de parler en public, pouvoir conduire à nouveau une moto, être capable de caresser un chat - ou un autre animal, perdre du poids, dormir, réduire une douleur, etc…), d’autres personnes ont besoin d’être aidée à être capable de préciser leur(s) objectif(s).
Tout le monde veut être heureux ou se sentir mieux mais il est parfois difficile d’exprimer ce que “être heureux” ou “se sentir mieux” signifie pour soi-même en terme de comportements mesurables et identifiables.
Pour une personne, “avoir confiance en soi” signifiera peut-être “être capable de parler en public” et pour une autre personne cela pourra avoir d’autres significations. Les soins sont donc personnels et individualisés et les moyens pour obtenir plus de confiance en soi chez une personne peuvent être très différents des moyens employés pour une autre personne.
Donc si vous savez ce que vous voulez, il vous sera plus facile d’orienter vos recherches pour décider quels types de soins pourraient vous convenir et magasiner un thérapeute.
Situations complexes et comportements autodestructeurs :
Parfois, on se trouve dans une situation complexe (fibromyalgie, renaissants d’abus sexuels, etc.) et il peut être très malaisé de faire un choix, car il s’agit justement d’une situation complexe. Par exemple, pour la fibromyalgie, il existe un programme structuré de 6 séances (en fait, il s’agit de plusieurs thérapies en une seule puisque l’on considère les douleurs, l’insomnie et les stress aggravants ainsi que les comportements habituels). Dans le cas des renaissants d’abus sexuels il existe un programme en 7 étapes, mais une ou plusieurs de ces étapes peuvent nécessiter plusieurs séances soit un total approximatif de 13 à 20 séances. Note : je ne traite pas les agresseurs ni les abuseurs, les décisions en cette matière appartiennent au monde judiciaire.
Il peut aussi y avoir cumul de situations complexes comme fibromyalgie + phobie. L’objectif pour les personnes renaissantes est de pouvoir redevenir autonome, ce qui implique d’atteindre plusieurs sous-objectifs, plusieurs paliers (notamment les peurs). Même dans un programme structuré de soins, le traitement reste adapté aux variations du vécu particulier de la personne.
Le traitement des comportements autodestructeurs, comme d’autres situations, peut nécessiter une aide pluridisciplinaire. En ce cas, l’hypnologue devient un partenaire de santé et il agit dans un objectif commun avec d’autres partenaires de santé ou d’autres intervenants. L’hypnologue peut aussi agir à titre préventif (préparation à l’accouchement) ou pour renforcer ou faciliter les bénéfices d’interventions pratiquées par d’autres praticiens (pour le moment je constate une évolution encourageante dans un cas où une personne avait été paralysée du côté gauche suite à une rupture d’anévrisme. Après l’hospitalisation puis un certain nombre de séances de physiothérapie et d’ergothérapie, la personne s’est adressée à moi car l’évolution de la rééducation semblait stoppée. Après 6 séances, des signes d’une reprise de l’évolution ont été constatés).
En résumé :
Il peut être nécessaire de recevoir de l’aide pour savoir où trouver de l’aide. En cas de doute, commencez par consulter un médecin. Si nécessaire ou désiré, faites vos propres recherches et vos propres choix (après tout, c’est pour vous que vous le faites, alors autant que cela soit approprié pour vous).
Si vous constatez que votre thérapie actuelle semble ne plus donner de résultats, n’abandonnez pas trop vite votre thérapie. Néanmoins il se pourrait qu’une aide différente (en complément ou en remplacement temporaire) puisse faire toute la différence. Dans tous les cas, ne modifiez jamais, n’interrompez jamais un traitement médical sans l’avis d’un médecin.
Plus les soins sont adaptés à votre situation et à la personne que vous êtes, plus vous aurez de chances que les résultats soient efficaces et durables.